Clémentine Dauxerre par Eole – Flickr Creative Commons

Concepteur multimédia, un métier dépassé?

En faisant, un petit runnnig ce weekend, je réfléchissais à la formation de concepteur multimédia que j’avais effectuée. Etait-ce vraiment une bonne idée, qu’en avais-je retiré, et surtout, le « grand public » comprenait-il vraiment ce terme? Et BANG, lundi matin, je vois un Tweet de Xavier pointant sur un article pile sur ce sujet. Il était temps d’écrire un post.

Il y a 9 ans lorsque j’ai commencé ma formation, je passais mon temps a expliquer ce que voulais dire le « terme » concepteur multimédia. J’ai gardé cette habitude, généralement lorsque je me présente, je dis que je gère des projets multimédia. Puis j’enchaînes directement avec des exemples, je fais du web, de la vidéo. Je gère des projets de sites, je réalise des flyers, je tourne une vidéo. Je ne conçois pas du multimédia. Bien qu’avec le temps, le nom du métier soit rentré dans la tête des gens.

Concepteur multimédia, des directeurs artistiques?

A mon avis, la formation concepteur multimédia, voulait former des directeurs artistiques multimédia ou des  chefs de projets. Un poil prétentieux pour des jeunes gens de 22 ans de se nommer comme tel… Je me demande si cette formation a toujours un sens. Les métiers du multimédia se sont tellement développés en 10 ans. Pour chaque branche vidéo/web-designer/web-code un niveau de compétences plus élevé est demandé. Ne faudrait-il pas plus de spécialisation? Des nouveaux métiers apparaissent chaque jour, vous en trouverez un aperçu sur l’article de profession-web. En passant, on n’y retrouve pas de référence au concepteur multimédia.

Concepteur multimédia, un métier dépassé? Ou plutôt un nom inadéquat? En anglais, ne dit-on pas multimedia designer? Petit tour sur Wikipedia:

« Un designer est une personne qui conçoit un produit en harmonisant les critères esthétiques et fonctionnels. »  Wikipedia

« Un concepteur est une personne qui imagine et réalise quelque chose. » Wikipedia

Je ne sais pas, mais « designer en multimédia » ou « multimedia designer » sonne mieux à mes oreilles. Et surtout inclu l’idée d’esthétique. nous n’avons quand même pas faire ces heures d’histoire de l’art, de graphisme et de typographie pour rien?

Pour conclure, je pense que le métier existe dans les petites structures où l’on a besoin d’employés polyvalents. Par contre je serais curieux de savoir s’il existe, ne serait-ce qu’un seul concepteur dans un grande entreprise de communication. Des exemples?

Et vous les concepteurs, qu’en pensez-vous? Quel est votre « titre » actuel? Vous présentez-vous en tant que concepteur multimédia?

Yann Graf

I am an experienced Digital Strategy Consultant based in Switzerland. After over seven year respectfully crafting and improving the digital presence of Terre des hommes, Nautilus and G-Star Raw, I am now a freelancer. Please have a look at my Portfolio

11 thoughts on “Concepteur multimédia, un métier dépassé?

  1. Imagine-toi le calvaire pour ceux qui ont tenté de se lancer avec un titre tel que médiamaticien; ça n’a rien de connu concepteur multimédia a déjà un côté plus fashion mais l’un comme l’autre tente de surfer sur une vague sans forcément réussir à s’y conformer justement. Les écoles se mettent à vendre du rêve elles aussi.

    C’est peut-être le mot DA très utilisé en France qui serait le plus juste, mais un DA me semble venir du monde du graphisme généralement, puis avec les années il s’oriente vers de gestion. Après quelques années de stages et de photoshoppage nocture. C’est en forgeant que l’on devient forgeron.

    Ayant visité de l’intérieur quelques “grandes entreprises”; la spécialisation est de mise et la valeur d’une personne vient de là. Toucher à tout est intéressant, mais avoir des connaissances solides dans les bases est plus important selon moi. Une école est là pour nous apprendre à apprendre avant tout. Une personne excellente en programmation viendra très certainement d’un monde à forte dose de mathématiques.

    L’univers du web force à devenir un touche-à-tout, il n’y a pas besoin d’enseigner ça puisque ça vient naturellement.

  2. Il m’a toujours semblé, comme toi, que la formation voulait (dans l’idéal) générer des DA: en apprenant à de jeunes gens à connaître les plus grandes ficelles des branches utiles en communication (graphisme, vidéo, web, etc).
    Et il m’a aussi toujours semblé que c’était assez utopique, ou alors qu’il manquait une étape importante au processus: les années d’expériences.
    Soit: on sort de l’école, on est “concepteur en multimédia”. Mais quelle entreprise crée un poste pour ce titre précis, alors qu’elle a, depuis des années, un graphiste, ou un informaticien qui ont suffisamment bidouillé de leur côté afin d’obtenir l’expérience leur permettant de très bien remplir ce rôle?
    Il y a 5 ans, quand je suis sortie de l’école, les postes étaient ultra rares, l’expérience de mise. Résultat: le 80% des élèves de ma volée ont fini par se spécialiser dans le domaine de leur choix en ne s’orientant donc pas vers la gestion de projet, mais vers la réalisation pure (photographe, motion designer, webdesigner, etc).
    Pendant 2 ans, j’ai utilisé le terme “concepteur en multimédia” pour me définir, un peu par dépit. J’ai ensuite opté pour “multimedia designer” (effectivement plus alléchant) pour finalement me définir “webdesigner”.
    Ce dernier a encore une aura peu professionnelle dans nos contrées (genre, sorti de l’école-club Migros), mais il évolue heureusement, et enfin.
    Finalement, le paradoxe de cette formation, c’est que la somme des connaissances acquises représente à mon avis une base idéale pour créer sa propre entreprise et/ou se lancer en indépendant… mais que l’Etat, via sa politique d’apprentissage, souhaite former des “employés” et ne livre donc que très peu d’informations sur le marché à affronter (pourquoi pas des cours de marketing, de gestion, nous n’avons rien de tel).
    On a donc 2 choix au sortir de la formation: la grande jungle de l’indépendance, ou l’emploi spécialisé.
    Et m’est avis que pour ce dernier, si l’on n’a pas été suffisamment passionné pour se forger une expérience personnelle à côté de la formation, on a peu de chances de rivaliser avec des gens issus directement des écoles spécialisées correspondantes (à moins d’un talent inné).

  3. Pour avoir eu des cours de marketing et de gestion (comptabilité); je ne sais pas ce que tu y gagnes ou gagnerais.

    Au passage, je débarque peut-être mais l’EMAF n’existe-t-elle plus ?

    Les bases c’est ce qui compte; il faut bien se dire que ça n’est qu’un CFC qu’il faut prendre avec les pincettes et se dire qu’il est là pour ouvrir d’autres portes. Et je parle de portes d’écoles par forcément d’entreprises.

  4. Je déplore le manque de ces matières dans le cadre du paradoxe que j’expose au-dessus. Si les étudiants finissent spécialistes et employés, ils n’ont effectivement que faire de ces branches.

    Pour ce qui est d’écoles sup’ ou alternatives, niveau Webdesign on est très mal servis. On pourrait se tourner vers certaines facs américaines, canadiennes ou australiennes qui dispensent des formations plus qu’alléchantes… mais devoir changer de continent n’est pas forcément une option (en tout cas, c’était ainsi il y a 5-8 ans durant ma formation).

    L’émaf est passée aux mains de l’Etat
    http://www.concepteurenmultimedia.ch/

  5. @Yoan, non l’EMAF n’existe plus, depuis cette année sauf erreur. La formation étant reprise par l’Ecole des métiers de Fribourg http://www.emf.ch

    Je pense aussi comme Corinne que des cours de gestion de projet, d’entreprise auraient étés important. Combien de éléves terminent leurs formations sans avoir aucune idée comment gérer un projet, ou leur propre entreprise?

    @Corinne, c’est clair que le gros point positif de la formation est d’ouvrir le champ de vision. Découvrir tout les métiers du multimédia. Mais ne fini-t-on pas trop généraliste? Sans vraiment de spécialisation?

    Un choix cornélien donc: plus de spécialisation, et on découpe le métier en “sous” métier (webdesigner, codeur Java, etc..) ou alors on ajoute lui ajoute des compétences de gestion (et il devient chef de projet, DA, etc..)

  6. On n’est pas chef de projet ou DA au sortir d’une école (pas avec un CFC du moins ni quelques années d’expérience derrière soi). Pour moi, il est vital de savoir faire quelque chose de ses dix doigts avant tout et plus spécialement quelque chose qui ait de la valeur aux yeux d’un tissu économique.

    L’émaf est morte, vive l’emffr (ça sonne quand même moins bien)

    Mais nous n’avons certainement pas la même définition de project manager étant donné que je tire la mienne des méthodologies agiles en grande partie.

  7. Ayant terminé ma formation de ” conceptrice multimédia” cette année à l’Eracom, je peux vous dire que encore maintenant cette formation a d’énorme lacune, mais au fil des années ça s’améliore (me semble-t-il). Le marketing et la gestion de projet ont fait surface.

    Aujourd’hui j’ai dû expliqué au monsieur qui animait la séance d’info de la caisse chômage. Mon explication est très brève : je fais des sites internet, du graphisme (affiche, logo etc…) des vidéos, des animation. La prochaine fois je penserais au terme de multimedia designer…

    Au final un cmm sera toujours obligé de se spécialiser.
    Pour ma part, je me tâte encore, même si le webdesign et le graphisme m’attirent beaucoup. La place que je trouverai choisira pour moi.

  8. @Valentine Je pense, comme dit si bien Yoan, “c’est en forgeant que l’on devient forgeron”. Ta spécialité viendra avec le temps. Personnellement, en stage (voir bien avant en fait…), j’étais déjà très attiré par le web (design et code) et c’est dans cette direction que je me suis spécialisé par la force des choses.
    Souvent, ton entourage décèle mieux que toi-même, tes forces et tes faiblesses. Ainsi, ils te guideront. Par exemple: si ton chef voit que tu est forte en code, il va te confier plus de codage. Du coup tu t’améliorera cette compétence, pour finalement peut-être te spécialiser. Just go with the flow!

    Ps: T’as un porfolio, pourquoi tu mets pas l’URL quand tu commente ? Dans l’input box?

  9. Se présenter en tant que CMM n’a effectivement pas de sens, et se spécialiser devient vite essentiel si on veut trouver du job.

    De mon côté, je me suis spécialisée dans le webdesign + code. Mon poste actuel est appelé “Web producer”.

    La formation donnée par l’Eracom mériterait d’être renommée, et “multimedia designer” me semblerait déjà plus proche de la réalité…

  10. Juste pour signaler une discussion similaire initiée par Christian Perret dans le groupe Linkedin de l’Eikon EMF (ex-emaf). La discussion est intitulée “Avenir de la profession de concepteur multimédia CM”.

    Personnelement, je pense que la première approche décrite, c’est à dire 2 ans de tronc commun + 2 ans de spécialisation est la meilleure. Et vous?

    http://www.linkedin.com/groupAnswers?viewQuestionAndAnswers=&gid=2396583&discussionID=9096801&sik=1261821515265&trk=ug_qa_q&goback=.ana_2396583_1261821515265_3_1

  11. Bonjour,
    Je découvre votre discussion autour du métier de concepteur en multimédia et je ne peux qu’adhérer avec vous tous.
    Ayant suivi ma formation à l’émaf en 3ans dû au fait que j’étais titulaire d’un bac avant d’y entrer, je me suis retrouvé propulsé dans le monde du travail sans harnais de sécurité si je puis dire.

    En effet, mes collègues qui ont effectué leur formation en 4 ans dont une année de stage ont acquis une année d’expérience, le plus souvent en agence et donc connaissent déjà le monde du travail.

    J’ai adoré la formation de concepteur en multimédia, tout simplement parce que j’ai pu y étudier des matières intéressantes, mais il ne s’agissait au fond que d’un survol de toutes ces matières. La réelle difficulté du concepteur en multimédia, c’est que lui-même ne sait pas comment se définir. Nous sommes des couteaux suisses du multimédias, mais sans spécialisations autant dire que nous ne valons pas grand chose sur le marché actuel du travail.

    Voilà une année que je travaille et force est de constater que je n’arrive pas à répondre aux exigences de mon entreprise qui veut un développeur et pas un touche à tout.

    Ma plus grande envie à l’heure actuelle est de reprendre une formation dans l’univers de la 3D et ce que je peux par contre relever comme point extrêmement positif c’est que je pars avec une longueur d’avance sur certains candidats qui n’auront jamais touché cet univers et qui n’ont certainement pas accumuler la culture artistiques que j’ai pu accumuler lors de ma formation.

    Je pense aussi que pour une amélioration de la formation il faudrait qu’il y ait une spécialisation comme cela se fait dans certaines écoles en Belgique ou en France. 1 à 2 ans de formation commune essentiellement axée sur les connaissances artistiques et la découverte des différents métiers, puis une spécialisation de type bachelor dans un des métiers.

Comments are closed.